Quelle pédiatrie à l'hôpital

Vous avez sûrement compris qu'il y avait quelques "problèmes" sur le devenir de la pédiatrie provinoise.



La pédiatrie est une spécialité magnifique, mais peu rentable financiérement

En libéral, les pédiatres sont les médecins spécialistes qui sont les moins rémunérés (et pourtant c'est une des spécialités qui demande le plus d'études).

A l'hôpital la pédiatrie n'est pas "rentable", c'est pourquoi vous ne trouverez pas de service de pédiatrie dans une clinique privée, c'est du service public.

Les hôpitaux doivent désormais s'autofinancer en fonction de leur activité.
Il existait, avant, une enveloppe globale qui permettait de "s'arranger".
Désormais le financement de l'hôpital est fonction des activités réalisées.
Il faut donc être "rentable" avant d'être "compétent", et faire de "l'activité" avant de faire de la "qualité".
Un médecin peu compétent qui hospitalisera un enfant qui ne le nécessite pas ou qui l'hospitalisera plus longtemps que ne le demandent les recommandations de bonne pratique sera apprécié par la direction. Il coûte moins cher et il est plus "rentable".
Si l'enfant consultant aux urgences peut être vu par le médecin urgentiste de garde et non par un pédiatre, c'est le "top".

On voudrait nous imposer

- Une suppression de la "garde" de pédiatrie :

Il n'y aurait plus de pédiatre sur place pour gérer les problèmes du service de pédiatrie, la maternité et les urgences (il y a environ 2300 passages aux urgences pédiatriques pendant la période de garde). .
Mais il serait d'astreinte à la maison ... et ferait une dizaine d'aller-retour à l'hôpital chaque nuit.
Et ça coûterait moins cher à l'hôpital, car on nous propose un "forfait" !!!
Ce forfait serait, bien sûr, beaucoup moins payé que si le médecin était de garde sur place...
En gros: pour 180 euros vous passez une "nuit" de 14 heures à l'hôpital (moins de 13 € de l'heure) quel que soit le travail réalisé.
Et la cerise sur le gâteau : les quelques heures passées sur place ne seraient pas comptées comme du temps de travail, il n'y aurait donc pas de "récupération" à demander.

- Le non remplacement du poste de pédiatre manquant (alors que nous avons déjà accepté la suppression d'un poste)

On a pas besoin d'autant de pédiatres sur place! on supprime des postes.
Bon d'accord, on ne peut pas leur donner leurs CA, leurs jours de formation, leurs congés de récupération qui n'existeront plus, et je n'ose même pas parler des RTT...
On ne pourra pas non plus faire des réunions en interne pour discuter, évoluer, se perfectionner, s'informer etc .. toutes activités qui ne sont pas rentables financièrement.

- Que les enfants soient vus aux urgences adultes par des non-pédiatres?

La grande majorité des "urgentistes" adultes de l'hôpital ne le désirent pas.

Et toutes ces propositions ont été faites

- sans aucune concertation avec la Direction ou le Président de la Commission Médicale d'Etablissement qui est censé nous représenter et nous défendre.
- sans aucunes propositions écrites et chiffrées

Nous avons pourtant fait des efforts

- suppression d'un poste de pédiatre
- création de nouvelles activités dans le service : et en particulier la prise en charge d'enfants atteint de maladie cancéreuse.
Grâce à l'arrivée du Dr Khelfaoui-Ladraa nous faisons des chimiothérapies qui n'étaient pas faites jusqu'alors.
Cette année nous estimons que nous allons éviter près de 150 allers-retours Provins-Paris, pour une perfusion de quelques minutes, à des enfants qui sont en souffrance.

On nous demande néanmoins de faire avec un effectif réduit, moins payé

- plus d'activité dans le service (création d'une unité de malades imaginaires?)
- plus de consultations (avec moins de médecins?)
- plus de qualité, bien sûr ...

240 jours !

C'est le nombre de jours de congés que les quelques pédiatres du service auraient le "droit" de prendre à partir du 4 octobre et avant la fin de l'année!
Nous ne sommes pas assez nombreux pour prendre nos congés, nos jours de formation, nos récupérations etc ...
Et on nous demande d'être encore moins, de travailler beaucoup plus, et de gagner beaucoup moins!
Les mesures "proposées" permettrait d'économiser 90 000 €... soit une perte financière annuelle pour l'ensemble des 5 pédiatres du service, de 45 000€ !

Nous en sommes au point de rupture

Certains médecins pourraient quitter le service très rapidement pour rejoindre un hôpital plus accueillant.
Nous risquons de nous retrouver DEMAIN avec l'équivalent de 2,6 pédiatres pour essayer de faire fonctionner ce service.
Aucun pédiatre de l'extérieur ne viendrait à Provins avec les propositions qui lui seraient faites actuellement.

Vous connaissez ma passion pour l'exercice d'une médecine comptable et rentable

Vous ne serez donc pas étonnés, par ces interrogations sur le devenir de la pédiatrie hospitalière dans le Provinois.
Je ne veux pas faire du "n'importe quoi".
Les propositions de travail qui nous sont "imposées" ne peuvent que faire partir les médecins présents et décourager les pédiatres intéressés à venir à Provins.
Je me refuserai de participer à cette mascarade. Le nivellement par le bas ne m'intéresse pas.
On va rétorquer que tel ou tel hôpital fonctionne autrement, je réponds que les hôpitaux avoisinants sont mieux lotis que nous et qu'en Afrique des dispensaires fonctionnent avec des infirmières.
On nous propose de revenir 30 ans en arrière.
J'ai accepté de prendre la chefferie du service de pédiatrie sous certaines garanties que l'on ne veut plus assurer.
Les "décideurs" doivent prendre leurs responsabilités.

J'aimerai vous dire ce que ce sera la pédiatrie dans 1 mois ou dans 1 an.
Je ne la sais pas.

J'ai rencontré Mr Christian Jacob qui m'a paru être sensibilisé par mes arguments et qui m'a reçu chaleureusement.

Vendredi 26 Septembre 2008
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