LES PIQÛRES D'INSECTES

Abécédaire des principaux insectes piqueurs

Les insectes piqueurs possèdent des venins plus ou moins puissants, depuis celui, inoffensif, des fourmis communes à ceux, très dangereux, des scorpions Buthidés, en passant par les venins d’hyménoptères (abeilles, guêpes, frelons) et de certaines fourmis qui fort heureusement ne sévissent pas en Europe. Abécédaire de ces principaux insectes à éviter, mais aussi à préserver.

(dossier conçu à partir de l'article du Pr G. Dutau paru dans le numéro de mai 2002 de Médecine et Enfance)



Abeilles

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Les abeilles sont des hyménoptères de la famille des Apidés. Seules les abeilles femelles piquent.
L’aiguillon, pourvu de lancettes sclérifiées, reste implanté dans la peau après la piqûre. Il ne faut pas presser la peau pour faire sortir l’aiguillon (risque de
diffusion du venin). Le venin est thermolabile : il faut l’inactiver en plaçant une source de chaleur (cigarette incandescente, Thérapik) pendant quelques minutes à 1 ou 2 cm du point de piqûre. Il ne faut pas mettre un glaçon sur la piqûre, ce qui prolongerait l’action du venin. Le venin étant inactivé par la chaleur, on l’aspire en utilisant un « aspivenin ».

Acariens

Les acariens appartiennent aux Arthropodes Chélicérates (chélicères
pourvus de crochets pairs parfois venimeux). Il existe plus de 30000 espèces.
Les acariens de la poussière de maison, dont les chefs de file sont D. pteronyssinus et D. farinae, ne piquent pas, mais sont très allergisants. Il existe deux ordres d’acariens, les Acariformes et les Parasitiformes, auxquels appartiennent les ixodes (voir « Tiques »).

Araignées

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Les araignées appartiennent à l’ordre des arachnides, comme les scorpions. Parmi les 40 000 espèces d’araignées répertoriées, le nombre des espèces dangereuses pour l’homme ne dépasse pas la dizaine. Il s’agit, en particulier des Mygales (800 espèces) et des Loxosceles (75 espèces), qui produisent un venin très toxique. Ces araignées ne se trouvent pas en France.
Les araignées de nos maisons et de nos jardins sont inoffensives.

Aoûtats

C’est la larve d’un acarien rouge, le trombidion. Cette petite larve,longue seulement de 1 mm, pique l’homme et les vertébrés à sang chaud.
La piqûre est responsable de vives démangeaisons.
Circonstances : l’été, lors de promenades dans les champs ou les bois. Le traitement associe l’application de dermocorticoïdes (Tridesonit, Locapred) et la prise d’antihistaminiques H1 pendant quelques jours (Atarax ou Polaramine).

Bourdons

Ce sont des insectes (Bombus)à corps velu et à abdomen annelé de la famille des Apidés. Les différentes espèces, B. terrestris, B. lapidarius et B. agrorum vivent en petits groupes.
Dans les conditions normales, ils piquent rarement. Il existe des élevages de bourdons utilisés pour la pollinisation des cultures. Dans ces conditions d’exposition importante, en milieu professionnel (horticole), on a décrit des accidents allergiques faisant suite aux piqûres de bourdons. Les symptômes sont les mêmes que ceux des piqûres d’abeille ou de guêpe.

Chenilles

Le contact avec les chenilles peut entraîner des lésions d’irritation, en particulier pour les chenilles processionnaires du pin. En pénétrant dans la peau humaine, leurs poils chitineux provoquent des dermatoses prurigineuses (= démangeaisons).
Les symptômes (démangeaisons, conjonctivite, toux, réaction allergique sévère) surviennent lors de promenades en forêt (pins) dans les régions infestées. Il faut insister sur les précautions à prendre au cours des vacances et des promenades et lors de l’enlèvement des nids de chenilles en milieu domestique (protection du corps et des yeux).

Chironomes

Ces petits vers rouges utilisés par les pêcheurs (appâts) et les aquaristes (nourriture séchée) sont des larves de moucherons et de moustiques non piqueurs vivant près des ruisseaux. Leur manipulation et l’inhalation de leurs allergènes peut entraîner des symptômes cutanés et respiratoires d’allergie, mais ce ne sont pas des insectes venimeux.

Fourmis

Les fourmis appartiennent aux Formicidés, l’une des trois superfamilles des Aculéates avec les Apidés et les Vespidés.
Les fourmis sont des insectes sociaux dont les habitats sont divers, ainsi que la nourriture, selon les ressources du milieu. Les femelles sont majoritairement des ouvrières (no comment..). Les gynes sont pourvues d’ailes à leur éclosion et les perdent après leur fécondation par les mâles, également ailés, de taille identique à celle des ouvrières ou plus réduite.
Toutes les fourmis ne piquent pas ; celles qui mordent déposent leur venin soit en le projetant sur la blessure provoquée par la morsure (Myrmecia et Solenopsis), soit en l’instillant à l’aide de leurs mandibules.
En France et en Europe, on trouve les fourmis communes de type Formica, en particulier F. rufa, qui est inoffensive, Campanotus (dont les fourmis rousses des bois) et Crematogaster, qui mordent en instillant leur venin par les glandes mandibulaires. La douleur occasionnée
par la morsure peut durer quelques heures (désinfection et dermocorticoïdes).
Les personnes les plus exposées sont les forestiers et les randonneurs : les ouvrières de Crematogaster scutellaris, qui vivent dans l’écorce de certains arbres (chênes lièges), peuvent mordre si elles sont dérangées.
Mais les fourmis les plus dangereuses (autant que les abeilles et les guêpes) vivent en Amérique centrale et au Sud des Etats-Unis (Solenopsis, « fire ant » ou fourmi de feu) et en Australie (Myrmecia, « bull ant » ou fourmi bélier), posant dans ces pays un problème sanitaire important.

Guêpes

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Les guêpes sont des insectes sociaux faciles à reconnaître par leur taille (environ 1 à 1,5 cm), leur couleur alternant le jaune et le noir, leurs ailes pliées longitudinalement au repos, la striction qui sépare le thorax et l’abdomen.
Outre ces caractères, les guêpes ne perdent pas leur dard après la piqûre. La forme de leurs nids, le plus souvent placés sous les tuiles des toits ou suspendus,varie avec les espèces .
Il existe trois genres, Vespa, Vespula et Dolichovespula. Parmi le genre Vespa, l’espèce la plus commune est le frelon (Vespa crabro). Dans le genre Vespula, se trouve la guêpe commune (V. vulgaris).
Au sein des Dolichovespula, il existe en particulier en Europe V. sylvestris, V. omissa et V. adulterina. Le venin des de guêpes a une composition comparable à celui des abeilles. Les symptômes allergiques qui font suite aux piqûres de guêpe sont identiques à ceux que provoquent les abeilles. L’allergénicité croisée entre les venins de guêpe et d’abeille est faible . Toutefois, globalement, la gravité des réactions entraînées par les guêpes est moins importante.

Mouches

Les mouches appartiennent comme les moustiques à l’ordre des Diptères (une seule paire d’ailes membraneuses), qui comporte plus de 200000 espèces. Certaines mouches ont une trompe à la fois aspirante et refoulante, ce qui se traduit par une injection de salive corrosive, puis l’aspiration de liquide. Il peut en résulter une douleur, puis une petite lyse localisée. En Europe, les mouches ne sont que gênantes, mais, ailleurs dans le monde, elles transmettent de nombreuses affections : paludisme, fièvre jaune, parasitoses (onchocercoses, filarioses)…

Moustiques

Egalement de l’ordre des Diptères, les moustiques appartiennent à la famille des Culicidés. Le moustique commun (Aedes communis) a une répartition mondiale. Une piqûre de moustique provoque, chez tout individu, une sensation désagréable, puis une papule (“bouton”) prurigineuse. La gêne et l’importance de la réaction locale dépendent de l’âge (réaction plus importante chez le nourrisson), des individus (sensibilité plus forte de certains), du siège des piqûres (zones où le tissu cellulaire souscutané est lâche, comme le visage, paupières en particulier) et de leur nombre.
Pour les enfants qui ont des réactions importantes il est utile de donner un anti-histaminique (anti-allergique) en continu durant la période d'expositions aux moustiques, appliquer une pommade à base de cortisone, un antiseptique et surtout prévenir les piqûres (port de pantalons et manches longues, répusifs, voire moustiquaires imprégnées)
Voir à trousse

Poux

(voir « Puces »).

Puces

Les puces (de l’ordre des Siphonaptères) et les poux (de l’ordre des Mallophages) piquent l’homme, mais ne sont pas responsables d’allergies.
Dans les habitats fermés infestés par les puces, on peut observer des piqûres multiples.
La prévention passe par le traitement et la prévention de l’infestation des animaux de
compagnie.

Punaises

Comme les puces, les punaises (insectes aplatis de l’ordre des Hétéroptères, à l’odeur âcre et repoussante) sont largement répandues dans le monde. Les piqûres donnent lieu à une irritation locale avec démangeaisons.
Il n’a pas été décrit de réactions allergiques.

Scorpions

Ce sont des arthropodes dont il existe 1400 espèces réparties en 9 familles.
Si l’on peut trouver des scorpions en Europe du Sud, les espèces dangereuses sont largement distribuées en Afrique du Nord, Sahara, Afrique occidentale et du Sud, Egypte, Proche-Orient, Inde, moitié sud des Etats-Unis et majeure partie de l’Amérique du Sud .
Les scorpions dangereux pour l’homme font partie de la famille des Buthidés. La douleur est le symptôme essentiel de la piqûre. Si elle persiste ou s’intensifie, c’est que le venin a été injecté ; d’autres symptômes apparaissent alors (agitation, sueurs, malaise, douleurs abdominales, nausées). Une injection de venin de scorpion est toujours douloureuse, même si la piqûre est le fait d’une espèce non dangereuse. Le fait que la douleur soit initialement modérée puis s’atténue traduit une piqûre sans inoculation de venin .
Les médecins d’Afrique du Nord connaissent très bien les problèmes posés par l’envenimation scorpionique, qui est surtout mortelle chez les enfants et les adolescents (1 à 2 % des piqûres).

Taon

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Les taons appartiennent à la famille des Tabanidés [3]. Ce sont des insectes diptères à antennes courtes, hématophages, qui se nourrissent du sang des animaux (chevaux, bovins, ovins).
Ils piquent les humains qui passent à proximité lors de promenades ou de randonnées, surtout en montagne. La piqûre provoque une douleur vive, un démangeaisons et une réaction inflammatoire locale.
Des réactions allergiques sont probables. Les Glossines (dont la mouche tsé-tsé, Glossina morsitans) font partie de ce groupe de Diptères.

Tiques


Piqûres par animaux marins

Plusieurs animaux invertébrés marins sont pourvus de dards et de stylets : Pelmatozoaires (Lys de mer) et Eleuthézoaires, en particulier les Echinoïdes (oursins), les Astéroïdes (étoiles de mer) et les Ophiuroïdes (ophiures). Les venins de leurs piquants sont mal connus. Globalement, ils provoquent une douleur vive, une parésie (paralysie partielle) du membre piqué, une nécrose cutanée. Le traitement est symptomatique : analgésiques, ablation des piquants, désinfection.

Contact avec les mollusques gastéropodes marins. Les risques ont augmenté avec le développement de la pêche sous-marine et de la plongée. Les cônes (Pacifique) peuvent occasionner des piqûres mortelles.

Contacts avec les Cnidaires. Les animaux de ce groupe possèdent des cellules urticantes ou cnydes. Ce sont les actinies, les anémones de mer, les méduses, les physalies. Le contact avec ces animaux provoque des douleurs, une sensation de brûlure, une angoisse, un choc. Il faut rassurer le patient, nettoyer la plaie (vinaigre, eau additionnée de bicarbonate de soude), traiter la douleur (analgésiques), puis retirer les cnydes à la pince, le tout sous couvert d’antibiotiques, de corticoïdes et d’antihistaminiques.

GESTES À EFFECTUER DEVANT UNE PREMIÈRE PIQÛRE D’HYMÉNOPTÈRE (ABEILLE, GUÊPE)

1. Identifier l’insecte piqueur (l’abeille laisse le dard dans la peau).
2. Mettre le bout d’une cigarette incandescente à 1 ou 2 cm du point de piqûre de façon à maintenir une température de 60 °C pendant quelques minutes.
3. Enlever le dard à l’aide d’un aspivenin ou d’une pince à épiler.
4. Désinfecter et mettre une pommade à base de cortisone.
5. Donner un antihistaminique .
6. Surveiller et, au moindre doute, montrer l’enfant au médecin le plus proche.
7. Un corticoïde oral pourra être utile en cas de réaction locale importante le lendemain
8. Si des symptômes apparaissent (urticaire généralisée, difficultés respiratoires, fatigue, angoisse), appeler les structures d’urgence ambulatoires (SAMU) : 15 au téléphone fixe et 112 au portable.

GLOSSAIRE

<!--html--><a name="1">Trousse</a>.<BR> La composition minimale d’une trousse pour les randonnées ou les voyages doit comporter : des cigarettes et des allumettes, une pince (type pince à épiler) de bonne qualité, un tube de dermocorticoïde, un antihistaminique H1 oral, un corticoïde oral, un désinfectant, des petits pansements.<BR><BR>

Chaleur<BR>
De nombreux venins son thermolabiles, c’est à dire qu’ils sont détruits par la chaleur. Si vous appliquez de la glace vous allez, alors, prolonger l’action du venin. C’est pourquoi il faut appliquer une source de chaleur. La solution “classique” est la cigarette.<BR><BR>

Antihistaminiques<BR>
Ce sont les médicaments contre les allergies.
En cas de démangeaisons il vaut mieux utiliser des antihistaminiques sédatifs, ceux qu’on utilise pour calmer les démangeaisons de la varicelle par exemple :
Polaramine ou mieux Atarax (1 cuillère à café pour 5 kilos de poids, réparti en 2 à 3 prises quotidiennes. Par exemple pour un enfant de 15 kg = 1 càc 3 fois par jour).
En l’absence de démangeaisons on peut utiliser des antihistaminiques plus modernes mais peu sédatifs (Clarityne, Zyrtec).<BR><BR>

Dermocorticoïde: Pommade à base de cortisone (pour toute piqûre d’insectes)<BR>
Onctose hydrocortisone : contient aussi un antihistaminique et un anesthésique.
Tridesonit, Locapred, Locoïd etc.. si vous en avez.<BR><BR>

Corticoïde oral<BR>
Celestène gouttes : donnez 16 gouttes par kg en 1 fois<BR>
Solupred 20 mg : 1 à 2 mg/kg en 1 prise (sans dépasser 60 mg)<BR><BR>

Désinfectant : antiseptique à base de Chlorhexidine<BR>
Plurexid, Diaseptyl, Cytéal, Eludril

Vendredi 12 Septembre 2003
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