ALIMENTATION DU NOURRISSON ET DE L'ENFANT EN BAS AGE



ALIMENTATION DU NOURRISSON ET DE L'ENFANT EN BAS AGE

  1. De la naissance jusqu’à 4 à 6 mois : alimentation lactée
  2. 4 – 6 mois
  3. 5 – 7 mois
  4. 6 - 8 mois
  5. 9 à 12 mois
  6. Au-delà de un an : alimentation diversifiée
  7. Vitamine D, Fluor et Vitamine K

    Ce texte est l'intégrale des recommandations officielles. En "italique" vous trouverez mes commentaires personnels, qui restent dans "le moule".

    L’alimentation a un rôle nutritionnel, bien sûr, (assurer une croissance harmonieuse sur le plan quantitatif et qualitatif) mais aussi affectif, social et hédonique (il faut se faire plaisir en mangeant!)

    Les goûts alimentaires, les préférences et les aversions, sont appris (même si des réflexes innés sont présents à la naissance, déterminant l’acceptation de solutions sucrées et le rejet de solutions amères).

    La familiarité avec un aliment favorise l’acceptation de cet aliment par l’enfant. La familiarité avec un grand nombre d’aliments favorise donc l’acceptation d’un régime varié (si l’enfant refuse un aliment, n’insistez pas mais proposez lui régulièrement).

    Les enfants sont souvent de bons “régulateurs” adaptant leur consommation énergétique à leurs besoins qui varient énormément d’un individu à l’autre et d’un jour à l’autre pour le même individu..
    Cependant ils risquent de perdre cette capacité, contraints par des injonctions irrationnelles : “finis ton assiette”, “mange les légumes et tu auras du dessert”, etc..
    Compte tenu de l’importance des composantes émotionneles en jeu dans les conduites alimentaires, obliger ou forcer un enfant risque d’aboutir à un véritable conflit autour de l’assiette. Beaucoup de troubles du sommeil (et alimentaires) sont la conséquence d’une organisation alimentaire trop rigide.

    Un enfant de 4 mois est capable d’avaler à peu près n’importe quoi. Si vous lui proposer un chou à la crème, il va surement l’aimer, n’aura probablement ni diarrhée ni vomissements, et ne sera pas recouvert de boutons. On dira “il aime ça et le tolère bien !).
    Mais si votre enfant a de l’eczéma, devient obèse à 5 ans, a de l’athérosclérose à 20 ans, de l’ostéoporose à 50 ans, est hypertendu, voire même atteint d’un cancer, qu’elle aura été la responsabilité de cette alimentation des premières années de vie? Ces faits ont été bien établis.


    La seule référence que vous devez avoir est le guide officiel du PNNS (programme national nutrition santé). Il a été réalisé par les spécialistes français de nutrition infantile. Si je ne vous l'ai pas donné, demandez le moi.

DE LA NAISSANCE À 4 À 6 MOIS: ALIMENTATION LACTÉE

C’est la période de l’alimentation lactée exclusive, jusqu’à la diversification alimentaire. Le début de la diversification ne doit jamais se situer avant 4 mois et si possible pas au-delà de 6 mois.
Le lait maternel reste le meilleur choix pour l’alimentation du nourrisson :
Il peut être exclusif jusqu’à 6 mois, puis représenter l’apport lacté de la diversification.
Les laits infantiles seront utilisés en l’absence d’allaitement maternel, ou en complément de celui-ci, leur terminologie a évolué :
de la naissance jusqu’à 4 à 6 mois : laits 1er âge = laits ou préparations pour nourrisson
de 4 à 6 mois jusqu’à 12 mois : laits 2e âge = laits ou préparations de suite
(ces laits, riches en protéines, sont à utiliser quand la diversification est déjà bien instaurée. Quand votre enfant aura déjà l'équivalent d'un ou deux repas autre que lacté.) de 10 à 12 mois jusqu’à 3 ans ou plus : laits de croissance = préparations pour enfant en bas âge

1er mois (de la naissance à 1 mois)
Allaitement maternel
ou 6 biberons : 90 ml d’eau faiblement minéralisée + 3 mesures arasées de lait 1er âge
ou 6 biberons : 120 ml d’eau faiblement minéralisée + 4 mesures arasées de lait 1er âge

2° mois (de 1 mois à 2 mois)
Allaitement maternel
ou 6 biberons : 120 ml d’eau faiblement minéralisée + 4 mesures arasées de lait 1er âge
ou 5 biberons : 150 ml d’eau faiblement minéralisée + 5 mesures arasées de lait 1er âge

3° mois (de 2 mois à 3 mois)
Allaitement maternel
ou 5 biberons : 150 ml d’eau faiblement minéralisée + 5 mesures arasées de lait 1er âge

4° mois (de 3 mois à 4 mois)
Allaitement maternel
ou 5 biberons : 150 ml d’eau faiblement minéralisée + 5 mesures arasées de lait 1er âge
ou 4 biberons : 180 ml d’eau faiblement minéralisée + 6 mesures arasées de lait 1er âge

Le volume proposé pour chaque biberon peut être adapté en plus ou en moins selon l'appétit de l'enfant, en restant dans des limites raisonnables (30 ml d'eau + 1 mesure de lait), et en tenant compte de la variabilité de l’appétit de l’enfant d’un repas à l’autre et d’un jour à l’autre.
Ces volumes proposés ne sont que des exemples ! pensez au bébé allaité par sa mère, connaissez-vous la quantité qu'il prend à chaque tétée?

Ne jamais forcer l'enfant à terminer son biberon.

L'enfant doit évacuer sous forme de rots l'air dégluti au cours de la tétée, lors de pauses pendant la tétée, et après celle-ci. La durée d’une tétée est variable, tout en évitant de dépasser 45 minutes.

Laisser environ 3 heures entre chaque biberon, tout en respectant le rythme du bébé : il ne faut pas être trop strict dans les horaires des repas, et essayer autant que possible de ne pas réveiller l’enfant.

Proposer uniquement de l’eau faiblement minéralisée (sans sucre) entre les biberons, si l'enfant le réclame. S’il refuse l’eau, ce n’est pas parce qu’il n’aime pas l’eau, mais parce qu’il n’en a pas besoin à ce moment là.

Ne pas donner de jus de fruits avant l’âge de 6 mois, et éviter les farines avant l’âge de 4 mois.

AU DELÀ DE 1 AN : ALIMENTATION DIVERSIFIÉE

C'est une période de transition entre le alimentation du petit nourrisson et celle de l'adulte ; ce n'est pas parce qu'il peut manger presque tout qu'il faut lui donner tout et n'importe quoi. Il faut se rappeler qu'il risque de garder toute sa vie ces mauvaises habitudes alimentaires qu'on lui aura données durant cette période.

Remplacer le lait 2e âge par du lait “ croissance ”. Il est conseillé d’utiliser ce type de lait jusqu’à 3 ans (ou même 5 ans).
Une quantité quotidienne de 500 ml de lait est souhaitable.
Il est cependant préférable de ne pas dépasser 800 ml par jour de lait + équivalents pour limiter l’excès d’apport de protéines.
Si votre enfant refuse le lait ou les laitages, essayer de lui apporter le calcium sous forme "concentrée" ; souvenez-vous que la quantité de calcium nécessaire à sa croissance journalière est apportée par : 500 ml de lait ou 750 g de fromage frais et ... 50 g d' Emmenthal ! ! !
Il faut lui donner un petit déjeuner consistant ; pour l'écolier comme pour les adultes le petit déjeuner est un repas important trop souvent négligé en France. Un simple biberon de lait risque d' habituer votre enfant au petit déjeuner "Express". Essayer également de le "déshabituer" du biberon en lui proposant le lait à la tasse.

Limiter les protéines (autres que celles du lait et des laitages):
(Ne pas dépasser 30 g. de : viande + poisson + œuf, par jour ).
L'oeuf est un très bon aliment, vous pouvez en donner 2 à 3 fois semaine, sous toutes ses formes, même au plat si vous avez une poëlle permettant d'en faire sans matière grasse. Eviter les fritures. Ajouter des matières grasses végétales, crues de préférence, mais aussi du beurre en petite quantité (1 cuillère à café au repas de midi et du soir).

Tous les légumes peuvent être utilisés en dehors des légumes secs non mixés (après 18 mois). Tous les fruits peuvent être utilisés.Il n' y pas de minimum ou de maximum à respecter.

Proposer des sucres complexes (céréales ou féculents) à chaque repas.
Le pain est un très bon aliment qui doit avoir sa place dans l'alimentation des enfants, au petit déjeuner, au goûter. Préférer le pain blanc ou le pain de campagne.

Eviter le “ grignotage ” entre les repas.

Ne proposer que de l’eau pure comme boisson.

Limiter le sucre et les sucreries, le sirop et les sodas.

Vers l’âge de 2 ans, les besoins alimentaires diminuent et l’appétit peut devenir capricieux : c’est la période d’opposition. Il est important de maintenir la règle des 4 repas, sans forcer.
Entre un an et trois ans il faut favoriser la découverte de nouveaux goûts, de nouvelles saveurs, de nouvelles textures…Après trois ans peut commencer la néophobie : c’est la peur de goûter des aliments nouveaux

Et éviter les aliments qu'il pourrait facilement avaler de travers (petits pois et maïs non écrasés) ou se coincer dans la glotte (grains de raisins non coupés)(voir rubique accident).

VITAMINE D, FLUOR et VITAMINE K

Supplémentation en vitamine D

Chez les femmes qui n’ont pas bénéficié d’une supplémentation de 400 à 500 U.I. par jour, l’apport de vitamine D au 3e trimestre de grossesse est très important pour le métabolisme calcique du bébé à naître : 80 000 ou 100 000 UI au 6e et / ou au 7e mois sont recommandées.
Les apports conseillés en vitamine D sont de 800 à 1000 U.I. par jour, après la naissance.
Le lait maternel contient peu de vitamine D, environ 25 à 70 U.I. / litre.
La supplémentation en vitamine D des laits infantiles (circulaire de septembre 1992) apporte 400 à 600 unités par litre de lait. Cependant les apports de vitamine D par ce type de lait et les laitages-bébé ne sont pas suffisants : un apport supplémentaire, sous forme de gouttes ou d’ampoules, s’avère nécessaire.
Chez les bébés nourris avec un lait infantile : 400 à 800 U.I. par jour sont suffisantes, alors que chez les bébés nourris au sein il est préférable de proposer 800 à 1000 U.I. par jour. Il faut augmenter cette prescription chez les prématurés. Pendant la première année, un apport journalier est préférable à un apport trimestriel de 80 000 ou 100 000 U.I.

Supplémentation en fluor

Le fluor intervient dans le métabolisme des os et des dents : il joue un rôle préventif contre la survenue de la carie dentaire en renforçant l’émail, mais son apport excessif peut être responsable de fluorose qui se manifeste par des taches.
La supplémentation en fluor avant la naissance ne présente aucun intérêt pour le bébé.
L’intérêt d’un apport de fluor dans les six premiers mois de vie a été récemment controversé aux USA, mais la supplémentation fluorée reste conseillée en France, car elle ne présente pas de toxicité aux doses recommandées (0,25 mg par jour). En France, la carie dentaire reste un problème d’actualité, alors que la fluorose est rare.
L’intérêt d’un apport de fluor après six mois est indiscutable, surtout s’il existe un risque carieux important, mais il ne doit pas être excessif. Pour comptabiliser l’apport de fluor, il faut tenir compte :
- du fluor contenu dans les eaux minérales, les eaux de source et l’eau du robinet. (Evian : 0,12 mg/l, Volvic : 0, 24 mg/l, Contrex : 0, 32 mg/l, Badoit : 1,3 mg/l, WattWiller : 2,1 mg/l, Saint Amand : 2,1 mg/l, Saint Yorre : 9 mg/l). Depuis 2001 les factures d’eau doivent préciser la composition de l’eau et la teneur en fluor. Au-delà de 0,3 mg/l, la supplémentation sous forme de gouttes ou de comprimés doit être limitée, et n’est pas indiquée au-delà de 0,6 mg/l. - du fluor contenu dans le dentifrice, car on estime que l’enfant avale la moitié du dentifrice utilisé. La concentration en fluor des dentifrices varie de 250 à 2500 p.p.m. même pour des dentifrices destinés aux enfants (pour ceux-ci, la concentration fluorée ne devrait pas dépasser 450 p.p.m.)
- du fluor contenu dans le sel de cuisine. Le sel utilisé pour la cuisine dans les collectivités n’est pas fluoré.

La dose prophylactique optimale est de 0,05 mg de fluor par kg/jour, sans dépasser 1 mg/jour, tout apport fluoré confondu.

Supplémentation en vitamine K

La vitamine K qui permet la synthèse de facteurs de coagulation du sang est insuffisamment synthétisée par le nouveau-né. Pour éviter la maladie hémorragique du nouveau-né, il est conseillé d’administrer 2 mg de vitamine K au moment de la naissance et au 3e jour de vie.
Alors que la supplémentation des laits infantiles en vitamine K est suffisante, celle ci se trouve en quantité insuffisante dans le lait maternel. Pour les bébés allaités par leur mère, il est admis de prolonger cette vitaminothérapie à raison de 2 mg per os, par semaine, pendant 6 semaines pour certains, ou pendant toute la durée de l’allaitement maternel exclusif pour d’autres.

Mercredi 3 Septembre 2003
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